Daniel Estulin : Réduction de la population et les « Limites à la Croissance » du Club de Rome

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Le Club de Rome est l’institution mondiale la plus active en faveur de la thèse d’une dépopulation malthusienne.

Parmi ses membres, on compte quelques-unes des personnalités les plus influentes de la planète. Comme David Rockefeller, Michael Gorbatchev, le roi et la reine d’Espagne, la reine Beatrix des Pays-Bas, le prince Philippe de Belgique.

Fondé en Avril 1968 par des hauts responsables européens du monde des Assurances, à l’origine suisses et vénitiens, le Club de Rome accueille les membres les plus anciens de la noblesse noire de Venise, descendants directs des familles vénitiennes les plus riches de toute l’Europe, qui contrôlaient et dirigeaient Gênes et Venise au XIIe siècle.

Le Club a publié en 1972 un des documents les plus pernicieux de tous les temps, « les limites à la croissance », qui démontre que la planète sera à court de ressources d’ici 40 ans. Pour que l’humanité survive, il est donc impératif de remettre en cause notre style de vie et de réguler la population mondiale.

Toujours selon le Club de Rome, et dans l’objectif de notre survie à tous, l’humanité doit réduire sa dépendance à la technologie, ralentir la course au progrès, à l’innovation et aux avancées technologiques, et imposer à l’échelle mondiale un régime de « désintégration contrôlée » de l’économie.

Depuis cette date, la thèse des Limites à la croissance a été intégrée dans le monde entier par les gouvernements, les institutions gouvernementales supranationales, les administrations chargées de l’éducation, les programmes universitaires et ainsi de suite, c’est-à-dire qu’elle transparaît désormais dans tous les aspects de la culture populaire. Avec pour conséquences la désindustrialisation générale, des guerres et le génocide auquel nous assistons aujourd’hui.

L’objectif final étant l’effondrement de l’économie mondiale, même avec leur version de ressources « illimitées », qui exclut toute découverte scientifique, ou le développement de nouvelles technologies révolutionnaires. Si l’on arrive à éliminer le jargon et la confusion qui émaillent le rapport, celui-ci ne laisse que peu de doutes quant au véritable objectif du Club de Rome : « En cherchant un nouvel ennemi qui pourrait nous unir, nous sommes parvenus à la conclusion que la pollution, la menace du réchauffement de la planète, la rareté des ressources en eau, la famine et autres menaces pourraient faire l’affaire. » Et la conclusion s’impose donc : « Le véritable ennemi, c’est l’humanité elle-même. »

Ainsi, les institutions internationales les plus influentes promeuvent des politiques de régression dans le domaine technologique, et une réduction de la population mondiale de plusieurs milliards d’individus, c’est ce que j’ai appelé un génocide, vous l’aurez compris.

Toutefois, avant d’être en mesure de réduire la population et maîtriser le troupeau, il est impératif de détruire l’économie et la demande. Peut-être vous demandez-vous pourquoi David Rockefeller et consorts tiennent tant à détruire la demande ? Ne souffriraient-ils pas financièrement de cette destruction ? La réponse est NON. Ils n’en pâtiraient pas le moins du monde pour la simple raison qu’ils contrôlent déjà la majeure partie de la richesse mondiale. Leur principal souci en cette période de l’Histoire est d’assurer la survie de leur espèce. Et, affirmons-le une fois de plus, pour qu’ils puissent survivre en ces temps de pénurie des ressources naturelles, une grande partie d’entre nous doit périr.

Nous avons tous entendu parler de la grande dépression. Toutefois, la plupart des gens ignorent tout leur histoire et n’ont pas les outils nécessaires pour comprendre ce qui s’est passé pendant cette période. Contrairement à ce qu’expliquent les livres d’histoire « officiels », la Grande Dépression n’est pas l’évènement qui a anéanti les capitalistes américains. Au cours de cette période, les riches se sont enrichis en transférant simplement la richesse des moins riches vers les poches de ceux qui étaient déjà nantis. Voilà comment la Bank of America s’est adjugé des milliards de dollars par le biais des saisies de propriétés entre 1929 et 1937. N’allez pas imaginer une seconde que les plus riches des nantis souffriront de l’effondrement qui nous guette. Les seuls à en pâtir, ce sont vous et moi.

La question se pose maintenant de savoir comment détruire la demande. De toute évidence, en détruisant sciemment l’économie mondiale. Ou, en d’autres termes, par la désintégration contrôlée. C’est précisment la pierre angulaire d’un autre document politique préparé par une organisation différente de l’élite du monde : Projet pour les années 80, publié par le CFR, le Council on Foreign Relations. Désintégration contrôlée et démantèlement des concentrations industrielles et scientifiques avancées de la planète. Le CFR, une des institutions majeures de l’oligarchie aux Etats-Unis, qualifiait alors ce projet « d’entreprise la plus importante de son histoire ».

« Les 33 volumes du rapport du CFR ont servi de ligne directrice à l’oligarchie, forte de son pouvoir, pour mettre en place son plan à partir de la seconde moitié des années 70 jusqu’à la fin des années 80. Ainsi fut générée une des modifications les plus cruciales de la politique en matière d’économie et d’état-nation du XXe siècle – la révolution conceptuelle qui annonce l’économie post-industrielle.»

Quel sens donner à ce terme de « désintégration contrôlée » ? L’objectif est de démanteler l’économie mondiale, mais de façon ordonnée et contrôlée. Du moins l’oligarchie espérait-elle contrôler le processus. Dans ce but, il s’avérait nécessaire pour les forces extérieures de provoquer des crises susceptibles de mettre à mal l’économie de la planète : Chocs pétrolier, suspension des crédits, crise des taux d’intérêt ralentissant fortement l’économie, jusqu’à ce qu’elle atteigne un taux de croissance proche du zéro, ou même négatif.

Simultanément, on assiste à la création du marché au comptant du brut, des marchés de l’euro bond, ainsi qu’au blanchiment de vastes quantités d’argent sale provenant du trafic de drogue au travers de certaines banques parmi les plus influentes dans le monde. Au cours des dernières années, certaines des plus importantes institutions bancaires mondiales ont été prises la main dans le sac, accusées d’avoir blanchi des milliards de dollars de bénéfices frauduleux en provenance des mafias de la drogue par le biais de leur coffres réputés. Citons au hasard Wachovia Bank, HSBC, Citygroup, et Coutts, la banque privée de sa Majesté la reine d’Angleterre.

Il existe une autre organisation étroitement liée au Club Bilderberg et au Council on Foreign Relations, c’est la commission Trilatérale, plus connue sous l’appellation de Trilatérale. Mise en place en 1973, il s’agit d’une initiative de David Rockefeller. Tous ses membres partagent le même philosophie antinationaliste, qui vise à empêcher les forces nationales dans leurs pays respectifs d’exercer une influence sur la politique. En établissant la Trilatérale, David Rockefeller désirait favoriser « l’unité des pays industrialisés, afin qu’ensemble ils soient en mesure d’atteindre leur objectif d’une structure économique et politique mondiale plus intégrée. »

La stratégie de David Rockefeller « révèle également un fait absolument fondamental à propos de la richesse et du pouvoir : peu importe l’argent dont dispose un individu, si celui-ci ne sert pas à s’emparer et à contrôler les organisations qui produisent les idées et les politiques visant à guider les gouvernements et les individus qui les servent, le pouvoir réel d’une grande fortune n’atteindra jamais son potentiel de départ. »

En dépit de la nature essentiellement financière des intentions et des méthodes de la Trilatérale, son objectif politique n’a pas varié depuis 40 ans : « Quoique la commission s’intéresse essentiellement à l’économie, les membres de la Trilatérale se sont fixé un objectif politique vital : s’assurer le contrôle de la présidence des Etats-Unis. »

Un des recrues les plus notables de la Trilatérale a été le candidat à la présidence, et futur président, Jimmy Carter. En ce qui concerne le récit de la sélection de Carter pour la présidence, je vous recommande la lecture de La Véritable histoire du Club Bilderberg.

 

Une fois installé à la présidence des Etats-Unis, Jimmy Carter, le favori de la Trilatérale, a instillé au sein de son administration, et au nom de l’oligarchie, le Projet pour les années 80 de la CFR. Les principaux rédacteurs et responsables du Projet se sont retrouvés à partir de 1977 aux plus hautes marches du pouvoir pour prendre en charge le gouvernement de Jimmy Carter. Deux des neufs directeurs du projet, Michaël Blumenthal et Zbigniew Brzezinski  ont été nommés respectivement aux postes de secrétaire au Trésor (l’équivalent du ministre des Finances) et de conseiller à la sécurité nationale. Le poste de secrétaire d’Etat (l’équivalent du ministre des Affaires étrangère) a échu à Cyrus Vance, qui avait dirigé un groupe de travail du Projet. Et Paul Volcker, porte-parole du Projet « Désintégration programmée » a été bombardé président de la Réserve fédérale américaine.

« A partir de la semaine du 6 au 12 Octobre 1979, Paul Volcker a décrété une hausse des taux d’intérêt par le biais d’une augmentation du taux des fonds fédéraux ainsi que de certaines catégories d’exigences de réserves imposées aux banques commerciales. Il a poursuivi cette politique jusqu’à ce qu’en décembre 1980, les principaux taux de prêt des banques commerciales américaines atteigne 21,5 %. »

« Les conséquences de cette politique se sont avérées rapides et catastrophiques, surtout parce que l’oligarchie avait eu recours à deux canulars à propos du pétrole dans les années 70, résultant en une hausse phénoménale du cours du brut. Aux Etats-Unis, de vastes pans de la production industrielle et agricole s’effondrèrent.  Entre 1979 et 1982, la production des secteurs suivants de l’industrie manufacturière américaine a subi des pertes selon les proportions per-capita indiquées : équipement pour l’usinage du métal, en baisse de 53,2 % ; secteur automobile, baisse de 43,3 % ; aciéries, en baisse de 49,4%. »

Cela n’annoncerait-il pas une avancée majeure vers une société post-industrielle ?  Bien évidemment, l’histoire était en marche.

Daniel ESTULIN : « Qui nous Affame? », editions Blanche, 2014.

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