Les Savants Musulmans oubliés de l’histoire : Le grand savant Médiéval pluridisciplinaire Al-Birouni

images

 

Nous avons le plaisir de vous présenter une synthèse biographique de la vie d’Al-Birouni, qui fût à nos yeux l’un des plus grands savants de l’Islam Médiéval. L’intérêt de cet écrit, est de rendre hommage à de grands hommes oubliés de l’histoire, en tout cas en Occident, dont pourtant, beaucoup d’illustres occidentaux du moyen âge et de la renaissance ont mentionné leur noms. La Citadelle souhaiterai rappeler le lien civilisationnel qu’apporta l’Islam bien avant la renaissance et donc l’apport scientifique dont a pu bénéficié l’Europe dans la période médiévale.

Certains historiens, ont décris cet apport si évident, notamment dans la transmission de la connaissance :

« En 712, Les Arabes fabriquèrent le papier, une manufacture fut installée à Bagdad, son coût à bon marché remplaça le papyrus, et les bibliothèques commencèrent à fleurir dans les quatre coins des pays musulmans. Pour l’exemple, Cordoue comptait entre ses murs un millions d’habitants, avec 80 écoles publiques et une bibliothèque de 600 000 volumes, fondée par l’Omeyyade ‘Abd Ar-Rahaman (792-852) quatrième souverain Omeyyade en Andalousie. La bibliothèque du Caire fondée en 875 par Ahmed Ibn Touloun (835-884) Fut émir de Damas puis de l’Egypte en 868. La plus grande bibliothèque du monde Arabo-Musulman, comptait  1 600 000 volumes. Alors qu’à la même époque le bibliothèque de la Sorbonne s’enorgueillit d’être avec mille (1000) volumes, la plus grande de l’Occident.

Trois siècles après la mort du prophète, la langue Arabe était devenue celle de la culture et de la science. »

Denis ENET (Vendre aux Arabes, Entreprise moderne d’ED Paris, 1978)

12170612_1506464886318080_1967610205_n

Selon l’histoirien D.J Boilot, qui disait d’Al Birouni : « Il était l’un des plus grand savant de l’Islam Médieval et certainement le plus original et le plus profond. Il était également versé dans les mathématiques, et dans l’astronomie, la physique et les sciences naturelles, il se distinguait également comme géographe, historien, chroniqueur et linguiste de même qu’en observateur impartial des coutumes et croyances ».

Il composa pas moins de cent quatre vingt ouvrages embrassant de vastes domaines du savoir : quarante de ceux-ci environ nous sont parvenus dont quelques uns ont été publiés. Mais il n’y a pas d’édition complète de ses travaux. Il était scrupuleux et vérifiait toujours ses conclusions par observations et expérimentations.

Il fut également un très compétent fabriquant d’instruments d’astronomie et autres. Il construisait des astrolabes et un armillaire. Il décrit l’usage des marteaux hydrauliques utilisés pour concasser le minerai d’or.

Un des plus grands savants du monde musulman à la fois astronome, mathématicien, physicien, géographe et historien. Ses œuvres inspirèrent Einstein, en décrivant la relativité. Le penseur le plus universel. Il parlait 77 langues et dialectes. Abous Rayhan Al-Birouni, né à Khath Khazrem (Afghanistan actuelle) en 942 a.p  J.C.

Il aimait répéter : « De toutes les langues, la meilleure est l’arabe. » Il trouvait un énorme plaisir à traduire en arabe les lettres qu’on lui envoyait écrites avec une autre langue.

Il pratiqua toutes les disciplines sauf la médecine, en rédigeant de nombreux et remarquables ouvrages. Il entrevit la gravitation universelle. Il posa le principe du poids spécifique des corps suivant le volume d’eau déplacé par eux, ce qui lui servit à mesurer certains de ces poids. Il appliqua le principes des vases communicants aux puits artésiens. Il réussit à évaluer le poids spécifique de plusieurs minéraux et détermina le mouvement de la Terre autour du soleil (en confirmant la thèse héliocentrique d’Aristaque de Samos, bien avant que Copernic la fasse diffuser au moyen âge).

C’est lui qui écrivit trois siècles avant Marco Polo, son chef d’œuvre : « Le livre de l’Inde », dans lequel, il décrit les us et coutumes de l’Inde et de la Chine. L’œuvre réalisée à Ghazna en Afghanistan, fut poursuivie par Al-Khazini un siècle plus tard à Merw.

Esprit universel et écrivain prolifique, tour à tour géographe, historien, mathématicien, astronome et cosmographe. Il construisit un calendrier à engrenage ui consistait en une boite circulaire en laiton dans la quelle se trouvaient huit engrenages de tailles différentes. Une aiguille située au sommet montrait un point d’un cadran représentant la position du soleil en un jour donné, tandis qu’une aiguille sur un autre cadran indiquait la position de la lune au moment où son ombre était portée à travers une ouverture ménagée au sommet.

L’équatorial était un autre genre d’instrument conçu pour remédier aux faiblesses des calculs numériques de la position des planètes, après des moyens mécaniques, la longitude céleste de n’importe quelle planète pouvait être déterminée à n’importe quel moment donné.

Il correspondait très souvent avec Ibn Sina (Avicenne).  Il lui écrivit ces lettres :

Ibn Sina, agrée mon salut,

C’est ton ami Al-Birouni, de retour des Indes, qui t’écrit en ce mois de Safar, de l’an 411/982. C’est la troisième fois que j’accompagne le Ghaznawide dans les Terres du pays jaune.

Que te dire? Si ce n’est que le Fils de Souboukteguin est en voie de se constituer un royaume de la rive gauche de l’Amour -Daria à la chaîne des monts Souliman, à l’Ouest de l’Indus.

Mais là où je te surprendrai le plus, notre ami vient lui aussi d’arriver à la cour. Te souviens-tu de Firdawsi? Le poète aux 60 000 vers? Il fait désormais partie des proches du Ghaznavide. Je crois savoir qu’il lui destine son « livre des Rois ».

Ibn Sina, comme soudainement tout me semble vide. Je n’ai cherché la proximité et la protection du roi de Ghazna, que pour assouvir ma soif de découvrir le monde. Et voilà qu’aujourd’hui toute la masse d’informations que j’ai rassemblée me parait vaine en comparaison avec la route parcourue pour y parvenir. Pourtant je continue d’écrire. J’ai commencé un ouvrage dont le titre provisoire est « India », qui se veut une description géographique, historique et religieuse de ce pays. Je me dis que cette oeuvre pourra peut-être rendre des services aux voyageurs et aux historiens futurs.

J’ai achevé mon abrégé de Géométrie, il est inclus dans mon courrier; j’aimerai sincèrement avoir ton opinion, la dessus.

Et toi mon frère? Comment se déroule ta vie? Écris-moi dès que le temps te le permettra. Tes mots me réconforteront et apaiseront mon âme tourmentée.

Je pense à toi. Que le très haut te protège.

Al-Birouni établira de fait une table qui contiendra plus de six cents points, qui permettra de déterminer scientifiquement la direction de la Mecque.

Ghazna, l’an 407 (978 a.p J.C);

Très cher Ibn Sina,

J’ai sous les yeux le Canon achevé (Al qanoun, livre monumental sur la médecine). Je t’en remercie, c’est un monument. Comme je te remercie pour la copie de quelques-uns de tes ouvrages que tu as bien voulu me faire parvenir. J’ai dévoré ton essentiel de philosophie, et ton Abrégé de la pulsation m’a fasciné.

J’ai aussi éprouvé un grand intérêt pour ton Abrégé d’Astronomie. A ce propos, tu seras peut-être intéressé de savoir que sur la demande du Roi j’ai entrepris le construction d’un instrument que j’ai baptisé : « tradition oblige ». Il va me permettre de mesurer très précisément la latitude de Ghazna. A vrai dire ce n’est pas la première fois que je tente ce genre d’expérience, il y a deux ans, alors que je me trouvais à Kaboul, sans instrument, assez déprimé je l’avoue, et dans des conditions misérables, j(ai réussi à fabriquer un quadrant improvisé en traçant un arc gradué sur le dos d’une planche à calculer, et en utilisant un fil à plomb. Sur la base des résultats obtenus, et que je te communiquerai si tu le désires, je suis parvenu à élaborer avec précision la latitude de la localité. Je compte d’ailleurs progressivement établir une table des longitudes et latitudes des villes et des régions les plus importantes du monde Islamique.

Certains savants hindous soutiennent que la Terre se déplace et que les cieux sont fixes. D’autres réfutent cette assertion en alléguant que, si tel était le cas, les rochers et les arbres tomberaient de la Terre. Brahmagoupta n’est pas de cet avis, et dit que la théorie n’implique pas une telle conséquence, apparemment parce qu’il pense que toutes les choses pesantes sont attirées par le centre de la Terre. (Des siecles avant Newton et Galilée) Pour ma part, j’estime que les plus éminents astronomes, tant anciens que modernes, ont assidûment étudié la question du mouvement de la Terre, et tenté de le nier. Aussi j’ai composé il y a six mois un ouvrage sur ce sujet, que j’ai appelé : « Les Clefs de l’Astronomie ». En toute modeestie, je pense avoir été plus loin que nos devanciers, sinon dans l’expression, du moins dans l’examen de toutes les données du sujet.

Mais je crois que ce qui éveillera surtout ton intérêt : Je suis parvenu à établir la circonférence de la Terre. Il y a deux ans, je me trouvais dans le Fort de Nandana (situé à 117 km d’Islamabad, l’actuelle capitale du Pakistan). J’ai commencé par mesurer la hauteur d’un mont voisin qui se profilait derrière le Fort. J’ai ensuite déterminé à partir de cette montagne l’inclinaison de l’horizon visible. Le résultat : 6338,80 km pour le rayon terrestre (l’exactitude est surprenante, avec un appareil aussi rudimentaire, il a pu déterminer avec exactitude, en comparaison des chiffres avancés aujourd’hui qui sont de 6370,98 km ou 6353,41 km à la latitude de Nandana. La différence est très minime puisse qu’elle est de 17,57 Km.)

Par ailleurs, lors de mes déplacements en Inde, je me suis beaucoup intéressé aux éclipses , et à la manière de mesurer les parties éclairées de la Lune. J’ai fait une classification des corps célestes par ordre de grandeur ou plus tôt d’après leur luminosité. Et j’ai répertorié 1029 étoiles.

Dans un tout autre domaine, je compte approfondir mon observation des couches stratifiées des roches, car je suis de plus en plus convaincu que tous les changements se sont produits il y a très , très longtemps, dans des conditions de froid et de chaleur qui nous demeurent inconnues

Il ne faut pas perdre de vue que les premiers observatoires furent construits en pays d’Islam, plus précisément à Bagdad. Ils furent des institutions scientifiques où l’en enseigna l’Astronomie et ses disciplines annexes.

Al-Birouni mourut à Ghazna en Afghanistan, en 445 de l’Hégire, 1016 après J.C

Qu’Allah l’enveloppe dans sa miséricorde

Source : Docteur Hebri Bousserouel, « Les Savants Musulmans oubliés de l’histoire », Edition La Plume Universelle, 1998.

One thought on “Les Savants Musulmans oubliés de l’histoire : Le grand savant Médiéval pluridisciplinaire Al-Birouni

Laisser un commentaire