Mohammad AL GHAZALI : « Les Nobles caractères comme réforme individuelle »

Ghazali

Il ressort de ces enseignements que l’Islam est venu pour faire accomplir à l’humanité des pas de géant vers une vie scintillant de vertus et de règles de bienséances. Car, il considère que ces étapes conduisant à ce noble but relèvent de la substance de son message, et estime que le non respect de ces règles éloigne de sa Foi. C’est dire que la morale n’est pas un luxe dont on peut se passer. Elle est plutôt la source de la vie agrée par la religion qui honnore ceux qui la pratiquent. D’autant plus que l’Islam a rescencé les vertus et incite ses adeptes à s’attacher à elles une a une.

D’ailleurs, si nous nous mettions à rassembler les paroles du Prophète sur la conformité aux nobles caractères moraux, nous finirions par avoir dans les mains un volume sans équivalent du plus grand maître parmi les réformateurs. Mais, avant d’entrer dans les détails au sujet de ces vertus et de mentionner les traditions rapportées à propos de chacune d’elles, nous voulons évoquer une part de son appel vivant en faveur des nobles caractères moraux et des qualités sublimes.

Ousâma Ibn Charîk rapporte ceci : « Pendant que nous étions assis auprès du Prophète (paix et salut soit sur lui) en gardant un silence grave, des hommes sont venus et lui ont demandé : Quel est le serviteur le plus aimé par Dieu – qu’il soit exalté? Il a dit : Celuiqui a le meilleur caractère moral. » (At-Tabarânî).

Dans une autre version : « Quelle est la meilleure chose donnée à l’homme? Il a dit : Un bon caractère moral. » (Ibn Hibbân)

Il a dit également : « L’indécence et l’obscénité n’ont rien à voir avec l’Islam. Et le meilleur musulman parmi les hommes est celui qui a le meilleur caractère. » (At Tirmidhî).

On lui a demandé :  » Quel est le croyant dont la Foi est la plus parfaite? et il a dit : Celui qui a le meilleur caractère. » (At-Tabarânî).

‘Abdallah Ibn ‘Amr rapporte ceci : « J’ai entendu l’Envoyé de Dieu (paix et salut soit sur lui) dire : Voulez-vous que je vous indique qui m’est d’entre vous le plus cher, qui sera le plus proche de moi au jour de la Résurrection? -et il a répété cela deux ou trois fois /  Les gens présents lui ont dit : Oui, ô envoyé de Dieu. Il leur a dit : Celui d’entre vous qui a le meilleur caractère. » (Ahmad).

Il a dit aussi : « Rien ne pèsera dans la balance du croyant au jour de la Résurrection comme le bon caratère. Car Dieu déteste l’homme obscène et grossier. Et l’homme doté d’un bon caratère atteindra par cette qualité le degré de celui qui jeûne et qui prie. » (Ahmad).

Si une telle déclaration émanait d’un philosophe concerné par l’éthique et la réforme de la morale seulement, cela ne provoquerait pas l’étonnement. Mais, ce qui est extraordinaire, c’est quand elle émane d’une grand fondateur de religion. Car les religions s’appuient, en premier lieu dans leur réalité, sur l’adoration pure.

Or, le Prophète de l’Islam (paix et salut soit sur lui) a appelé pour l’observance de nombreux actes d’adoration et instauré un état fondé sur un long combat contre des enemis multiples. Aussi, si malgré l’ampleur des tâches de sa foi et la diversité des aspects de l’action devant ses disciples, il trouve le moyen de leur indiquer que le bon caratère pèsera beaucoup dans leur balances au jour de la Résurrection, cela montre clairement la place qu’occupe la bonne morale en Islam.

A vrai dire, si la religion est question de bon caractère entre un homme et un autre, elle est dans sa nature céleste un lien sublime entre l’homme et son Seigneur. Ainsi, les deux cas se ramènent à la même vérité.

Il est vrai qu’il y a des religions qui annoncent qu’embrasser un dogme particulier remet les péchés et qu’accomplir certains actes d’adoration effface les fautes. Mais l’Islam ne le confirme que si le dogme embrassé constitue un axe pour faire le bien et accomplir le devoir, et que si l’adoration proposée conduit à se purifier du mal et à se préparer pour la perfection recherchée. C’est-à-dire que les mauvaises actions ne sont annihiliées que par les bonnes actions assumées par l’homme, ce qui lui permet de sélever vers un niveau meilleur.

 le Prophète (paix et salut soit sur lui) a tenu à insister sur ces principes justes pour que sa Communauté les assimilent bien, de manière à ce qu’elles ne sous-estime pas la valeur de l’éthique et afin que la valeur des actes cultuels soit réhaussée. Anas rapporte que l’Envoyé de Dieu (paix et salut soit sur lui) a dit : « Le serviteur peut, grâce à son bon caractère, atteindre les sommets des degrés de la vie future et les plus sublimes demeures, tout en ayant une adoration faible. Mais il peut, par son mauvais caractère, s’enfoncer dans les abîmes de l’Enfer. » (At-Tabarânî)

De même, ‘Â’icha -que Dieu soit satisfait d’elle- rapporte ceci : « J’ai entendu l’envoyé de Dieu (paix et salut soit sur lui) dire : Le fidèle croyant peut, grâce à son bon caractère, atteindre le degré de celui qui jeûne et passe ses nuits dans la prière ». Dans une autre version : « Le Fidèle croyant peut, grâce à son bon caractère, atteindre les degrés de celui qui prie la nuit et jeûne le jour ». (Abou Dâwoud). Ibn ‘Omar rapporte ceci : « J’ai entendu l’Envoyé de Dieu dire : Le musulman économe dans son adoration peut atteindre le degré de celui qui jeûne et passe ses nuits à prier en récitant les versets de Dieu, et ceci grâce uniquement à son bon caractère et à la noblesse de sa nature ». (Ahmad).

Abou Hourayra rapporte que le Prophète  (paix et salut soit sur lui) a dit : « La noblesse du croyant c’est sa foi. Sa grandeur d’âme, c’est son entendement. Et sa lignée, c’est son caractère moral. » (Al-Hâkim). De même Aboû Dharr rapporte qu’il a dit : « l’Homme qui a reussi est celui qui a voué son coeur sincèrement à la Foi, qui a rendu son coeur sain, sa langue véridique, son âme apaisée et son naturel droit. » (Ibn Hibbân).

Mohammad Al GHAZALI, L’Ethique du Musulman, les fondements de la morale, éditions Al Qalam, Paris, 2012.

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