Lucien Cerise : « Neuro-pirates. Neuro-esclaves. »

 

« Conditionner les masses. Revenons à Pavlov. Il avait déjà expliqué comment la relation de l’homme avec le monde extérieur et avec ses semblables est dominée par des stimuli secondaires : les symboles linguistiques. L’homme apprend à penser avec les mots et les symboles qu’on lui a donnés ; et ceux-ci finissent par conditionner toute sa vision de la vie et du monde. Comme dit Dobrogaev, le langage est le moyen d’adaptation de l’homme à son milieu. Nous pourrions reformuler cette affirmation de la façon suivante : le besoin de communication avec ses semblables influence la relation de l’homme avec le monde extérieur, parce que le langage et son système sont variables et non objectifs. Dobrogaev poursuit : « Les manifestations linguistiques font partie des fonctions de réflexes conditionnés du cerveau humain. » Nous pourrions dire plus simplement que « la personne qui dicte et formule les mots et les phrases que nous utilisons, qui commande les médias, fait qu’elle est maître de l’esprit ». »
« Neuro-esclaves », Marco Della Luna et Paolo Cioni, Macro Éditions, 2ème édition 2013, p. 505.

« Neuro-esclaves », de Marco Della Luna et Paolo Cioni, pose tout au long de ses pages la question centrale de l’ingénierie sociale : comment pirater un cerveau ? Comment prendre le contrôle à distance d’un sujet pour, au choix, le réduire en esclavage, le détruire ou, au minimum, modifier son comportement ? Le cerveau a deux origines : génétique et épi-génétique. On peut donc pirater un cerveau en piratant le donné génétique, ou en piratant le construit épi-génétique. Le substrat génétique est donné par la naissance, par héritage génétique. L’épi-génétique, quant à lui, se construit dans la relation avec l’environnement, notamment socioculturel. Le cerveau est programmé génétiquement presque sans contenu mais pour être plastique et apprendre du contenu, donc pour être actif et curieux de son monde, avide d’être façonné par une influence épi-génétique et environnementale, laquelle imprimera au cerveau une architecture neuronale par intériorisation d’une pression extérieure, largement socioculturelle. Cette double origine entre une machine physique, d’origine génétique mais muette, et un logiciel d’origine épi-génétique qui la fait parler, induit qu’il est possible de pirater le cerveau : 1) en agissant directement sur sa matérialité physique héritée génétiquement, le hardware, les stimuli primaires, qui sont les signaux électriques du système nerveux et les signaux chimiques du système hormonal (endocrinien) ; 2) ou indirectement, en piratant le logiciel du cerveau, son software, donc en piratant les stimuli secondaires transmis épi-génétiquement, c’est-à-dire les représentations, mots et images, qui définissent son câblage neuronal. En introduction à l’exposé de Paolo Cioni, et en écho à l’extrait de son livre cité en exergue, je vais me concentrer sur ce piratage de l’épi-génétique du cerveau, en particulier dans ses aspects socioculturels, psychologiques et langagiers. Pour illustrer mes propos par un exemple, je traiterai de la théorie du Genre, ou « idéologie de la confusion des Genres », en tant que virus cognitif particulièrement puissant.

Piratage et programmation cognitive

Selon le célèbre pirate informatique Kevin Mitnick, le maillon faible dans tout système de sécurité réside dans le facteur humain. L’ingénierie sociale, qui vise de préférence les points de vulnérabilité des systèmes, consiste donc à pirater l’humain. C’est aussi ce que nous dit David Castonguay dans son mémoire à l’université de Montréal intitulé « Pirater l’humain. L’analyse du phénomène d’ingénierie sociale ». (1) On peut pirater l’humain de diverses façons, plus ou moins invasives. Dans le sillage du transhumanisme et de « l’humain augmenté » par la technologie, lebio-hacking travaille à bricoler l’ADN ou les cellules, quand le body-hacking se consacre aux modifications corporelles, prothèses et implants électroniques divers. L’objet de notre étude consiste plus précisément à pirater le psychisme humain, donc pirater le cerveau, ce que nous appelons du neuro-piratage (sur le modèle du neuro-esclavage). Les implants sont ici cognitifs, ce sont des « conditionnements ». Il y a deux grands types de conditionnements, au sens de Pavlov et au sens de Skinner, mais qui tous deux se modélisent par la formule informatique IFTTT : « If this, then that », « Si ceci, alors cela ». Cet algorithme élémentaire que l’on rencontre dans un langage de programmation informatique simple comme le Basic pour ordonner un comportement à la machine, est la racine de toute formule de conditionnement et de tout programme comportemental, qui associe une donnée contextuelle, un stimulus déclencheur (trigger) avec une instruction comportementale (action). Cette articulation entre « déclencheur contextuel » et « action en réponse » reproduit un clivage intérieur/extérieur, entrée/sortie, input/output, et constitue le principe du feed-back et de l’échange d’information selon une boucle de rétroaction entre un système comportemental (cybernétique ou vivant) et son environnement. Vu sous cet angle behaviouriste, le psychisme humain ne se distingue pas substantiellement d’une machine : les deux sont composés de variables et de constantes qui échangent de l’information avec leur environnement. Le neuro-piratage du cerveau consistera à isoler les constantes, c’est-à-dire les programmes, les routines, les algorithmes, les structures, les « traditions » en quelque sorte, pour, au choix, les observer simplement (vol de données), ou les réécrire (piratage d’influence), ou encore pour les détruire (attaque en règle).

Les deux étapes du neuro-piratage épi-génétique : le hameçonnage et le conflit triangulé

Pirater un cerveau en passant par son logiciel épi-génétique, son environnement sémantique et socioculturel, se fait en deux temps : 1) contourner les mécanismes de défense pour s’introduire dans la machine furtivement ; 2) puis, si l’on est un black hat, réécrire le code pour faire dysfonctionner la machine, provoquer un « bug ».

Dans un premier temps, pour qu’il y ait piratage effectif, donc furtivité du viol, les apparences du non-viol et du respect de l’intégrité doivent être respectées. Pour que l’on puisse parler de piratage, il faut nécessairement que le piraté en reste inconscient. Si le piraté est conscient du piratage, ce n’est plus un piratage, par définition. En ce sens, le neuro-piratage, le viol furtif du cerveau, doit respecter l’ergonomie cognitive du cerveau, c’est-à-dire sa manière habituelle de fonctionner, ses habitus, ses routines, ses algorithmes. Comment ? Par le hameçonnage (concept proche du « cheval de Troie »), qui donne l’illusion que tout est normal et qui trompe le cerveau sur le processus en cours. Le cerveau ne doit pas détecter d’anomalie à première vue ; dans l’idéal, il doit même désirer ce qui se passe. Pendant l’opération d’intrusion et de viol furtif, le pirate doit donc reproduire au minimum les apparences d’un fonctionnement normal des choses en produisant de l’indifférence à son égard ; et dans l’idéal, il doit même faire désirer au cerveau le processus en cours de son propre piratage en produisant de la confiance à son égard (fabrique du consentement par l’utilisation des mécanismes du syndrome de Stockholm).

Une fois que l’on a gagné l’indifférence ou la confiance et que l’on s’est introduit dans la machine furtivement, ce qui est la première étape dite du hameçonnage, on peut passer à la deuxième étape : le bidouillage du code source pour faire boguer la machine. Autrement dit, la reconfiguration du système de représentations intériorisé par le cerveau pour le « cramer » comme un disque dur. C’est le moment du « conflit triangulé », qui consiste à implanter des contradictions internes au système, orchestrer un conflit sous contrôle entre les parties du système pour leur donner un mouvement séparatiste, centrifuge, donc faire monter l’entropie et le désordre au sein du système et briser son unité organique et fonctionnelle.

Première étape. Le hameçonnage : invisibilité et impunité

Le faisceau de l’attention consciente est sélectif et possède des angles morts et des taches aveugles ; ceux-là mêmes que le pirate devra repérer ou créer pour rester hors du champ de vision du cerveau et s’y introduire furtivement, sans être perçu. Le poisson hameçonné n’a perçu que l’asticot, pas le crochet qui va le tuer, ni le pêcheur sur la rive qui va le manger. Les points de cécité de la conscience sont les zones qui ne focalisent pas l’attention, qui ne la retiennent pas. Ce qui ne retient pas l’attention, c’est ce qui laisse indifférent. Pour devenir invisible, il faut donc parvenir à créer une tache aveugle en suscitant l’indifférence. On peut aussi provoquer une « tache de confiance », car la confiance endort la vigilance et détourne l’attention autant sinon plus que l’indifférence. Dans tous les cas, si l’on provoque la méfiance, l’objectif est raté car on redevient visible. La maîtrise de la gamme des relations confiance-indifférence-méfiance est donc la clé de l’ingénierie sociale et du neuro-piratage. Pour contourner les mécanismes de défense du cerveau, y entrer furtivement et en prendre le contrôle, il existe donc une « recette », comme on parle d’une recette de cuisine : une succession d’opérations à accomplir dans un certain ordre, pour atteindre un certain but. Cette méthode quasi mathématique de la prise de pouvoir peut même se quantifier au moyen d’une approche scientifique et rationnelle dérivée de la cybernétique. À l’origine, la cybernétique a été créée pendant la Deuxième Guerre mondiale par Norbert Wiener pour effectuer des calculs de balistique militaire, dont le but était de réduire la rétroaction négative, autrement dit le contrecoup et le choc en retour dans les canons et les avions qui tiraient des projectiles. Cela s’appelle le shock-testing, ou test de choc. Transposer ces calculs de balistique militaire dans une balistique sociale permet de réduire et, si possible, de supprimer toute rétroaction négative aux impacts provoqués, tout contrecoup et tout choc en retour aux destructions que j’inflige dans la société. C’est le calcul quasi mathématique de la prise de pouvoir. En effet, qui que je sois, où que je sois, quoi que je fasse, s’il n’y a pas de choc en retour à ce que je fais, cela veut dire que je suis en position de pouvoir. L’absence de choc en retour porte aussi un autre nom : l’impunité.

Pour atteindre l’impunité, il faut devenir invisible. On reconnaît le mythe de l’anneau de Gygès narré par Platon dans la République, puis repris par Tolkien dans Le seigneur des anneaux. Dans son grand œuvre, Tolkien imagine plusieurs anneaux de puissance partagés par les peuples de la Terre du milieu, mais il y en a un plus puissant que les autres, qui peut « dans les ténèbres, les lier », à comprendre « les contrôler de façon occulte ». C’est l’anneau du pouvoir suprême que Sauron recherche et que Frodon doit détruire, qui confère l’invisibilité à qui le passe à son doigt, métaphore de l’impunité totale, donc du pouvoir total. Le vrai pouvoir est invisible. Un pouvoir visible sera toujours moins puissant qu’un pouvoir invisible. Dans le monde réel, l’anneau de Pouvoir n’existe pas. Devenir invisible équivaut le plus souvent à passer inaperçu, donc « se cacher dans la lumière », selon la formule maçonnique. L’ingénierie sociale, en tant qu’art de la modification d’autrui à son insu, pourrait à bien des égards être décrite comme la version laïcisée des doctrines hermétiques et ésotériques de manipulation de masse, sorte de technique de « magie sociale », de mentalisme politique, de prestidigitation hypnotique collective, fondée sur l’exploitation des taches aveugles du faisceau de l’attention et le jeu avec la dialectique visible/invisible, ombre et lumière, dans l’architecture des sociétés humaines. Historiquement, la franc-maçonnerie est la première doctrine unifiée de l’influence subliminale de masse, justiciable dans les termes d’un « grand œuvre » de constructivisme social, donc d’ingénierie sociale.

Le triangle de Karpman, ou comment devenir une victime ?

Comment devenir invisible ? Comment passer inaperçu ? Comment se « cacher dans la lumière », c’est-à-dire comment atteindre l’impunité en toutes circonstances, donc comment prendre le pouvoir et exercer une emprise totale sur autrui ? Premier élément de réponse : inhiber chez autrui tout esprit critique contre soi, inhiber toute suspicion, toute méfiance et toute surveillance. Comment ? En éveillant la confiance ou l’indifférence. Comment ? En se faisant passer pour une victime, de sorte à inhiber tout procès d’intention à son égard. Pour en finir avec les chocs en retour, rien de tel que de se faire passer pour une victime, un être en position de faiblesse, donc incapable de faire du mal, de commettre une violence, une violation, un viol. De fait, qui dit piratage, dit viol furtif, donc invisibilité du violeur, ou du moins inattention portée au violeur. La maîtrise de la focalisation de l’attention du cerveau, c’est-à-dire la maîtrise de la gamme des relations de confiance-indifférence-méfiance, est centrale. Cette maîtrise de l’attention possède une base émotionnelle, structurée par des rôles à jouer et des places à occuper dans la fantasmatique sociale. Ces rôles et ces places définissent des « situations archétypales de groupe » qui obligent à adopter tel ou tel comportement par rapport à la place occupée par les autres. Apprendre à installer ce genre de « situation obligeante » pour manipuler autrui en le forçant à s’engager dans un comportement est un chapitre de la psychologie sociale et de la dynamique des groupes, comme nous l’apprennent les auteurs du Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens, Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois. Dans cette perspective, l’implémentation de la figure d’Analyse transactionnelle appelée « triangle de Karpman », dite aussi « triangle dramatique » (Stephen Karpman, 1968) est l’une des plus connues. Le triangle dramatique de Karpman consiste à réduire le discours politique à trois places : le bourreau, la victime et le sauveur. Si le neuro-pirate ne parvient pas à susciter l’indifférence simple, il doit donc impérativement susciter la confiance en occupant la place de la victime ou du sauveur. Tout individu ou tout groupe social qui réclame à cor et à cris le statut de victime ou de sauveur est donc en train de mettre en place un triangle de Karpman. Le discours de la « minorité persécutée » s’inscrit dans ce dispositif et constitue un outil de neuro-piratage, un hameçon efficace pour endormir la méfiance. Quand le statut de victime ou de sauveur est acquis par l’un des acteurs de la situation, conduisant à ce que les autres acteurs ne se méfient plus de lui, la victime ou le sauveur peut alors commencer à détruire les autres furtivement, sans même que ces derniers ne soient en état de comprendre ce qui se passe exactement. Violer et détruire le cerveau furtivement suppose donc de le faire entrer dans un conflit triangulé, dont la structure est un duel entre deux acteurs supervisé et orchestré par un troisième acteur, donc une mise en scène d’un conflit entre deux parties mais sous contrôle d’une troisième partie dont le travail consiste à lancer puis entretenir le conflit depuis sa position située hors du faisceau de l’attention. Pour rester inaperçu, hors de l’attention, le sommet du triangle, qui organise le conflit, devra produire de la confiance ou de l’indifférence à son égard, en occupant la place de la victime ou du sauveur ; puis il devra faire monter la méfiance entre les acteurs qui occupent la base du triangle en les décrivant comme des bourreaux mutuels pour générer un conflit entre eux, ce qui revient à les faire entrer dans une rivalité mimétique, au sens de René Girard. C’est la deuxième phase du piratage, qui consiste à inoculer dans les cerveaux un virus mortel « séparatiste » en introduisant des contradictions internes dans le système cible jusqu’à provoquer la rupture des parties en présence. Détaillons maintenant la structure que doit adopter le virus.

Deuxième étape. Comment fonctionne et dysfonctionne le cerveau ?

Le virus épi-génétique adopte toujours la forme d’une propagande de guerre : autrement dit, un conflit triangulé, une rivalité mimétique orchestrée, une tension stratégique et sous contrôle. Après avoir gagné la confiance ou l’indifférence du cerveau pour le tromper sur l’identité de son ennemi, on peut donc le pirater furtivement et lui injecter le virus qui va le faire dysfonctionner, augmenter ses contradictions internes, son entropie et son désordre. Pour savoir comment faire dysfonctionner le cerveau, il faut déjà connaître son mode de fonctionnement normal. Les sciences cognitives montrent que le cerveau fonctionne normalement par héritage mimétique de stéréotypes ; autrement dit, le cerveau fonctionne par 1) hiérarchisation, 2) imitation et 3) modélisation. Chercher à empêcher l’une de ces trois activités, c’est chercher à empêcher le fonctionnement normal du cerveau. Cet empêchement à fonctionner est exactement ce que le neuro-piratage offensif se donnera pour tâche, avec pour cible le cerveau, et pour finalité la destruction. Pour faire boguer le cerveau méthodiquement dans le cadre d’un conflit triangulé, il faut donc lui injecter un virus anti-mimétique, anti-hiérarchisation et anti-stéréotypes. Tout d’abord, voyons les trois axes du fonctionnement normal du cerveau.

Le fonctionnement mimétique du cerveau possède un fondement cérébral : les neurones miroirs, découverts par l’équipe de Giacomo Rizzolatti au département des neurosciences de la faculté de Parme. Les neurones miroirs impliquent que les informations nécessaires à ma survie dans le monde me viennent en priorité de l’observation des autres sujets en lesquels j’ai confiance, avant même de venir de l’observation du monde objectif lui-même. C’est ce qui s’appelle l’apprentissage. Mon cerveau ne calcule pas directement son rapport à l’environnement, il passe d’abord par les résultats que les autres cerveaux lui transmettent. Pour des raisons de synchronisation et d’organisation sociale, le cerveau voit comme voient les autres cerveaux, et non comme les faits se présentent par eux-mêmes. L’étude des neurones miroirs a montré que le cerveau apprenait les informations nécessaires à son adaptation environnementale par imitation d’un pair, ce qui suppose déjà que ce dernier en sache plus, et surtout soit reconnu comme tel et soit pris comme référence, exemple à suivre, modèle à copier, bref comme un aîné et un support d’appariement et d’imitation stéréotypée (cf. René Girard, Luc-Laurent Salvador).

Avec le mimétisme, le cerveau fonctionne de manière sélective, discriminante et hiérarchisée. La perception, la mémoire, le traitement de l’information sont sélectifs, discriminants, hiérarchisés. Les sciences cognitives, la phénoménologie de la conscience et les diverses théories de l’attention ont analysé ce qui relève en fait de l’évidence, à savoir que la perception et le faisceau l’attention sont « perspectivistes » et s’exercent toujours depuis un angle particulier, partiel et non global. Pour le cerveau, penser c’est toujours trier, classer, distinguer, différencier, sélectionner, discriminer. Tout ne se vaut pas. Certaines choses sont supérieures à d’autres, d’autres choses ne sont pas permises et d’autres encore ne sont pas possibles. Il existe des « limites », objectives et subjectives. Prétendre le contraire, que tout se vaut, que tout est permis ou que tout est possible, qu’il n’y a pas de limites, revient à empêcher le fonctionnement normal du cerveau, ce qui peut parfaitement relever d’une stratégie intentionnelle de guerre cognitive, psychologique et culturelle.

Le cerveau appréhende son environnement au moyen de stéréotypes. « Stéréotype » est un autre mot pour représentation, modélisation, théorie, schéma. Or, la représentation n’est jamais équivalente au réel qu’elle représente. La carte n’est pas le territoire (cf. Korzybski, sémantique générale). Le réel (le territoire) est composé de nuances infinies. Ce fut l’objet de la peinture impressionniste, par exemple, que d’essayer de rendre compte de ces nuances infinies. Mais le cerveau n’est pas équipé pour traiter l’infini en soi, pas plus que des nuances infinies. Il ne les voit pas, tout simplement. De plus, traiter l’infini est par définition une quête sans fin car les nuances et la complexité sont fractales, on les retrouve à toutes les échelles d’observation comme des poupées russes emboîtées. À un moment, si l’on veut simplement agir, il faut donc s’arrêter sur une portion de réel et sur une version provisoire de sa représentation : ce que l’on appelle une théorie. Une théorie est toujours approximative, hypothétique. Une représentation est toujours une simplification. « L’erreur fait partie des conditions de la vie », écrivit Nietzsche dans Le gai savoir. Le cerveau étant incapable de traiter le réel et ses nuances infinies directement, il doit donc nécessairement passer par des représentations schématiques, des modélisations, des théories, des stéréotypes simplificateurs qui ne retiennent que les grandes lignes. C’est la Gestalt dans la psychologie de la forme, l’archétype chez CG Jung, l’idéal-type dans la sociologie de Max Weber, l’essence (eidos) transcendante chez Platon ou immanente chez Husserl. À l’image du fonctionnement du cerveau, les théories sont également lacunaires et sélectives. Le mathématicien et logicien Kurt Gödel a montré que les théories complètes ne sont pas complètement démontrables (les métaphysiques contiennent toujours des propositions indémontrables), et que les théories complètement démontrables sont incomplètes (1+1=2 est complètement démontrable mais trivial). Transposés et appliqués en épistémologie, les théorèmes d’incomplétude de Gödel disent en substance que l’on ne peut pas tout avoir en même temps : soit c’est intégralement démontrable, mais pas très intéressant (1+1=2), soit c’est très intéressant, mais on ne peut pas le démontrer intégralement (« Dieu existe »). Bref, l’expérience du réel est nécessairement exclusive, sélective, schématique, lacunaire, donc partiellement fausse. On peut donc parler du rôle positif des stéréotypes, y compris des stéréotypes de Genres, dans la psychogenèse, et même de leur rôle incontournable. Le cerveau appréhende son univers en le représentant, donc en le simplifiant au moyen de stéréotypes et de modélisations nécessairement schématiques et imparfaits, et il est impossible de s’affranchir de ce mode de fonctionnement, au risque d’handicaper son fonctionnement normal. (2)

Pirater le fonctionnement mimétique, hiérarchisé et stéréotypé du cerveau

Ce handicap provoqué est très exactement le but du neuro-piratage et de l’ingénierie sociale négative (IS-). La transmission pédagogique qui assure la continuité socioculturelle et le continuum de tout groupe organisé repose sur l’imitation hiérarchisée de stéréotypes, c’est-à-dire sur la définition et la communication de normes. Sans normes, sans langage commun, un groupe explose. Pour désorganiser un groupe et le détruire à terme, il faut donc briser son continuum en brisant sa capacité à l’imitation hiérarchisée de stéréotypes et à la communication de normes. Ces contraintes structurelles du système nerveux central font que l’égalitarisme, c’est-à-dire l’interdiction de hiérarchiser les valeurs et les êtres en fonction de stéréotypes, aboutit à plonger le cerveau dans un état d’incapacité au mimétisme, à l’apprentissage et à la socialisation normative. Le relativisme qui en résulte induit la paralysie du cerveau et du jugement, et provoque de l’inhibition comportementale à caractère autistique. Les pédagogies modernes, dites « antiautoritaires », qui prétendent lutter contre les stéréotypes de Genres ou niveler la hiérarchisation nécessaire entre le maître et l’élève, le parent et l’enfant, sont en réalité pathogènes, ralentissent l’activité nécessaire de modélisation par laquelle le cerveau comprend son monde, et fabriquent des enfants handicapés, hyperactifs, incapables d’imiter, d’apprendre, de se socialiser en intériorisant une norme comportementale, qui deviennent des pervers sociopathes, toxicomanes, purement individualistes, des parfaits « libéraux libertaires » dénués du sens collectif le plus élémentaire.

Pour faire dysfonctionner le cerveau, il faut lui inoculer un virus incapacitant qui va le faire boguer en lui interdisant l’opération mentale de l’imitation hiérarchisée et stéréotypée, ce qui lui barrera mécaniquement l’accès à l’acquisition et au traitement de nouvelles informations. L’idéologie de la confusion des Genres, impliquant la confusion des générations, qui cherche à empêcher, voire interdire l’imitation hiérarchisée de stéréotypes fondateurs pour l’identité et qui rabat tout sur le choix individuel, est le virus mental prototypique à injecter au cerveau pour le faire dysfonctionner. Dès lors qu’il n’y a plus de normes, il n’y a plus de structure, il n’y a plus de formes fixes, et on tombe dans la société à l’état liquide de Zygmunt Bauman. Évidemment, un cerveau en bonne santé refusera de se laisser infecter par ce virus individualiste, nivelant et dissolvant, et développera des défenses immunitaires s’il sent qu’il est attaqué. Pour que le cerveau ne se sente pas attaqué et accepte de se laisser contaminer, il faut donc que la menace ne soit pas perçue. Le virus mortel doit même être perçu comme salutaire : c’est le rôle du hameçon, le faux bien pour un vrai mal, l’appât présenté par un ennemi ayant gagné notre confiance car il occupe la place de la victime ou du sauveur, ou ayant gagné l’indifférence car il occupe un angle mort du faisceau de l’attention du cerveau.

Morphologie anti-normative du virus

Le fonctionnement normal du cerveau est normatif ; le virus cognitif mortel doit donc être anti-normatif. Or, de manière assez candide, l’idéologie de la confusion des Genres revendique son caractère anti-normatif, donc criminel. Raison pour laquelle il faudrait l’interdire car il s’agit effectivement d’un virus tueur. Expliquons ce fait qui tient de l’évidence mais dont il faut pouvoir rendre compte malgré tout. Le fait que le cerveau ait une origine génétique mais aussi une origine épi-génétique a servi de prétexte au constructivisme de la confusion des Genres pour affirmer que l’on pouvait s’abstraire totalement de l’origine génétique dans la construction épi-génétique de l’identité de Genre. C’est la phrase existentialiste de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient », déployée par Judith Butler dans Trouble dans le Genre, et qui peut s’étendre aux hommes. Cette erreur repose sur une méconnaissance du fonctionnement du cerveau. En effet, le domaine épi-génétique, dont l’identité de Genre fait partie, se construit dans le rapport entre le corps et son environnement. Comme le rappelle Bérénice Levet, les femmes et les hommes ne sont pas des anges, des esprits purs, mais des créatures incarnées avec des corps génétiquement différents. (3) Notre identité socioculturelle, dont l’identité de Genre fait effectivement partie, est une représentation du corps, donc un rapport au corps et à notre héritage génétique. Cette identité de Genre, soit la représentation du sexe, est donc construite par indexation sur la différence anatomique d’origine génétique, et élaborée au travers du rapport différent à l’environnement et à autrui que cette différence anatomique prédispose, en particulier à cause du relief épidermique, le Moi-peau de Didier Anzieu, et de la conformation des orifices du corps, interfaces et points de passage entre l’intérieur et l’extérieur du corps, et points de communication entre l’individu et son environnement. L’identité de Genre est donc effectivement une représentation construite, mais depuis un socle réel malgré tout, celui de la différence génétique hétérosexuelle, qui implique l’hétéro-normativité, sauf à produire des effets de déréalisation psychotique. Quand un homme croit être une femme ou l’inverse, il s’agit au minimum d’un syndrome psychotique.

Le premier système de représentation du cerveau est donc non seulement sexué mais encore hétéro-normé. L’hétéro-normativité est la source de toute norme, c’est la norme des normes, la méta-norme. Freud et à sa suite Lacan ont montré que l’accès à la pensée et au langage articulé se réalise par l’intériorisation d’une structure sociale de différenciation et d’articulation identitaire hétéro-normative, le fameux complexe d’Œdipe. À l’opposé, on a l’anti-modèle de l’anti-Œdipe, au sens de Deleuze et Guattari et de l’antipsychiatrie, c’est-à-dire l’absence de normes. L’absence de normes ne présente pas de problème tant qu’elle reste minoritaire et exceptionnelle, confinée dans une sphère artistique par exemple, car elle bénéficie de l’immersion dans l’hétéro-normativité majoritaire ambiante pour se re-stabiliser. En revanche, l’absence de normes est criminelle dès lors qu’elle prétend à devenir la norme. L’absence de normes, qui signifie aussi absence de loi, rend la communication impossible, rend donc la vie en société impossible. La vie en société suppose la dialectique, soit l’articulation des différences et des contradictions dans un langage commun, la capacité à faire tenir ensemble un collectif différencié au moyen d’une grammaire mentale partagée et structurante : ce que l’on appelle une loi. C’est très exactement cette loi fondatrice, qui est l’aptitude dialectique à articuler les différences, que l’hétéro-normativité oedipienne du schéma familial intériorisé nous apprend. Pirater l’Œdipe, l’hétéro-normativité, la loi fondatrice, la norme des normes, c’est donc pirater le code source hétéro-normé du cerveau qui est à l’origine de toute forme de structure psychosociale différenciée, de dialectique, d’intersubjectivité, de compétence linguistique, culturelle, civilisationnelle. Pirater l’Œdipe, c’est pirater le code racine du patrimoine épi-génétique de l’espèce humaine toute entière, c’est pirater la réalité humaine. (4)

Les sciences humaines et sociales au service du neuro-piratage

Cette vaste dés-Œdipianisation anomique, anti-normative, criminelle et criminogène, est exactement le projet nourri par des universitaires comme Éric Fassin, sociologue, qui écrit : « Ce qui est en cause, c’est l’hétérosexualité en tant que norme. Il nous faut essayer de penser un monde où l’hétérosexualité ne serait pas normale. » (5) Mais aussi Ruwen Ogien, directeur de recherches au CNRS : « (Je ne vois) aucun inconvénient à la polygamie, ni à l’inceste, ni au mariage avec les animaux s’il y a consentement mutuel, ce qui est plus compliqué avec les animaux… Loin de s’achever aujourd’hui, les politiques minoritaires ouvrent une brèche dans laquelle il importe de s’engouffrer pour repenser l’ordre sexuel et social. » (6) Ou comme l’anthropologue français reconnu au niveau international et médaille d’or du CNRS, Maurice Godelier. (7) En soutien à la confusion des Genres et au « mariage homo », l’ancien assistant de Claude Lévi-Strauss, affirme dans ses interventions depuis plusieurs années que le complexe d’Œdipe peut être transgressé sans dommages pour l’individu et la société. Godelier attaque donc la famille et ses déterminismes structurants pour lui substituer un principe de choix individuel, proche des théories libérales de l’auto-fondation (le self-made man, etc.). Ce faisant, il attaque le fonctionnement normal du cerveau (imitation hiérarchisée de stéréotypes) ainsi que le principe de socialisation réaliste de l’Œdipe qui en dérive (tolérer la frustration, apprendre la jouissance partielle, la gratification différée, la sublimation, la patience, le travail) pour leur substituer le déchaînement individualiste du principe de plaisir immédiat et du délire de toute-puissance qui va avec. Toute la gamme des pathologies « borderline » et « états limites » apparaît quand le principe de réalité vacille et que le principe de plaisir et sa fantasmatique libérale-libertaire envahissent le psychisme. Quand Freud parle du principe de réalité, opposé au principe de plaisir, il désigne l’accès du psychisme à la notion de limite et de frontière. Sans l’intériorisation d’une limite comportementale, éthique, morale, identitaire, la socialisation et la vie en société sont impossibles. En obligeant l’enfant à renoncer à la totalité, le complexe d’Œdipe a pour fonction de mettre en place ses premières limites et frontières identitaires : être un homme ou une femme, être le parent ou l’enfant. Le message est clair : tu n’es pas ce que tu veux, donc tu ne fais pas ce que tu veux. L’intériorisation de cet organigramme normatif contraignant à quatre places est la condition sine qua non pour accéder à une représentation de la réalité indexée sur le réel, donc à une représentation réaliste des choses, qui ne dérive pas dans une errance de plaisir effréné à caractère toxicomane.

Le complexe d’Œdipe ou la « gratification différée » (delayed gratification)

Avant d’aller plus loin, dissipons quelques malentendus sur la notion de complexe d’Œdipe. Contrairement à un malentendu courant sur cette notion, le bébé n’a pas envie de « coucher avec sa mère ». Cela pour une raison très simple : le bébé ne sait même pas que c’est sa mère, ni a fortiori qu’il soit possible de « coucher » avec qui que ce soit. Le bébé perçoit confusément quelque chose qui lui fait du bien, et il veut rester coller à ce « quelque chose » parce que cela lui fait du bien, tout simplement. Or, la socialisation du bébé, son entrée dans le monde et la vie sociale normale requièrent nécessairement qu’il se décolle de ce « quelque chose » qui lui fait du bien, donc qu’il dé-fusionne du giron maternel. C’est le rôle du Père d’introduire le bébé à tout ce qui constitue une altérité à ce monde primitif et fusionnel de la Mère. Un échec dans ce processus de socialisation dialectique hétéro-normatif, et c’est l’entrée dans la psychose (définition claire de la psychose : le flou identitaire). Or, l’échec dans l’accès à l’hétéro-normativité, échec qui signera l’entrée dans la psychose et le flou identitaire, peut être provoqué volontairement par un piratage du mécanisme oedipien.

La construction hiérarchisée, mimétique et stéréotypée de la réalité est impossible si des différences et des limites identitaires fixes ne sont pas clairement posées, condition de la stabilisation des choses. Le psychisme doit donc apprendre à se discipliner et à observer des limites (« Je suis un homme, pas une femme », « Je suis un parent, pas un enfant »). Dans son expression la plus simple, le complexe d’Œdipe est le processus par lequel on apprend à supporter la frustration, et à renoncer au « tout, tout de suite ». En quatre mots, l’Œdipe c’est « renoncer à la totalité ». C’est l’étape éducative par laquelle le cerveau doit passer pour tolérer que la satisfaction des désirs ne soit pas immédiate et complète. Ce mécanisme psychosocial dit de la « gratification différée » n’est pas naturel, comme le prouvent les hurlements du nourrisson dès qu’il est frustré, car lui veut encore « tout, tout de suite ». Cette faculté à renoncer aux caprices doit être apprise car c’est la condition de toute socialisation humaine normale. La socialisation consiste à supporter de ne jouir que partiellement et non complètement, et à sublimer le désir en acceptant de différer sa satisfaction dans le temps, ce qui introduit à la capacité de « travail ». Le travail est synonyme de patience, donc d’intériorisation du mécanisme de gratification différée. C’est donc la maîtrise des instincts et du tonus émotionnel, le contrôle des humeurs. Pour détruire une société de manière indirecte en faisant du neuro-piratage et de l’IS-, il suffit dès lors de la dés-Œdipianiser, de sorte à transformer tous ses sujets en individus immatures et narcissiques, tels des enfants hyperactifs incapables de patience, de concentration et de travail, inaptes à différer la gratification, qui deviendront des sociopathes pervers impulsifs, incapables de se contrôler, voire de simples autistes incapables de mimétisme.

La modélisation la plus compacte du complexe d’Œdipe est ce que Lacan a appelé la « métaphore du Nom-du-Père ». En clair : un objet abstrait (un mot, un signifiant), le Nom-du-Père, doit prendre la place d’un objet concret, le corps de la Mère, en tant qu’objet du désir de l’enfant. Le premier objet de focalisation du désir infantile, le premier objet de l’attachement charnel du petit humain, est un corps protecteur et nourricier. La socialisation normale de l’enfant suppose qu’il renonce à fusionner avec cet objet réel et émotionnel, son « premier amour » en quelque sorte, pour réorienter son attention et son désir sur un objet symbolique et abstrait, plus lointain et complexe ; ce faisant, il apprend à distinguer les choses et les mots, ce qui est la condition d’accès au langage et à la culture. Ce mécanisme est vécu comme un arrachement, un travail, une souffrance. De fait, il s’agit d’un déracinement du corps maternel pour un ré-enracinement dans le logos paternel et son quadrillage légaliste de l’existence. En effet, le giron maternel promet la satisfaction immédiate et complète du désir. C’est le monde du caprice. Or, il faut y renoncer pour apprendre à désirer un objet extérieur et purement mental, donc apprendre à désirer et à s’identifier à un « discours », composé d’une matière sémantique rigide, obligeante et possédant force de loi et de grammaire. Passer de l’émotion charnelle à l’aridité du Verbe et du Concept : c’est le mécanisme même de la sublimation, qui est la condition d’accès à la compétence langagière, culturelle, idéelle et à la socialisation normale, c’est-à-dire hétéro-normée. A contrario, ce que recommande Maurice Godelier, effacer le Nom-du-Père du Code civil, revient à enraciner l’individu dans une intériorité pré-langagière, pré-sociale, pré-normative, anomique et hystérique, au sens étymologique de l’utérus maternel. Phénomène de désymbolisation, donc de déstructuration et de régression psychique à l’état fœtal mais dans un corps d’adulte, qui est à l’origine de toutes les pathologies apparues dans les années 1970.

Le conflit triangulé généralisé. Le pilotage rationnel et méthodique de la guerre de tous contre tous

La lutte contre les stéréotypes de Genres vise donc à produire de la psychose, du flou identitaire psychotique, par l’orchestration d’un conflit triangulé hétérophobe. Depuis les mandats de Nicolas Sarkozy à l’Intérieur, avec l’invention du délit d’« homophobie » en 2004, puis à l’Élysée quand son ministre Luc Chatel introduisit en 2011 la théorie du Genre dans l’éducation nationale ou quand furent organisés en 2009 et 2010 des colloques contre la « transphobie » à l’Assemblée nationale avec la participation de membres des lobbies les plus puissants, nous voyons se mettre en place un conflit triangulé généralisé, avec les hétérosexuels en position de bourreaux, et les non-hétérosexuels simultanément victimes et sauveurs. (8) Pirater le cerveau pour lui inoculer le virus anti-normatif de la confusion des Genres fait entrer l’humanité dans l’ère du capitalisme intégral, radicalisé jusqu’à la location du ventre des femmes (Pierre Bergé), ce qui donne accès au pilotage scientifique de la guerre de tous contre tous. En déconstruisant l’Œdipe, la gratification différée, l’hétéro-normativité, la loi, on barre l’accès au langage, à la sublimation, à la raison, à la dialectique, à l’articulation des différences, à la civilisation, on fait monter le taux de barbarie générale et de contradictions internes insolubles, en particulier les violences entre hommes et femmes et entre parents et enfants, on prépare ainsi la banalisation de l’inceste, de la pédophilie et de l’euthanasie. Mais le tout reste sous contrôle. Ainsi l’on gouverne par le chaos, on organise l’anomie, la psychose sociale, la démolition contrôlée du psychisme et de la société, on effrite la réalité, on liquide même toute forme de réalité en rendant impossible de se constituer une stabilité cognitive et psychosociale quelconque. On fabrique ainsi des neuro-esclaves. Je passe maintenant la parole à Paolo Cioni.

Lucien Cerise

Notes.

(1) David Castonguay, « Pirater l’humain. L’analyse du phénomène d’ingénierie sociale », Chaire de recherche du Canada en sécurité, identité, technologie, Université de Montréal, 2009.
http://www.benoitdupont.net/sites/www.benoitdupont.net/files/Castonguay%20pirater%20l’humain_0.pdf

(2) « Stéréotypes et préjugés : à quoi servent-ils ? »
http://www.psychologies.com/Moi/Moi-et-les-autres/Relationnel/Articles-et-Dossiers/A-quoi-servent-les-stereotypes

(3) Bérénice Levet, « La théorie du genre entraîne l’école dans l’ingénierie sociale », Le Figaro, 01/30/2014.
http://www.scienzaevita.org/rassegne/085d2d55eb4fa59f0fbda814f58a29c8.pdf
Bérénice Levet, La théorie du Genre ou le monde rêvé des anges, Grasset, 2014.

(4) « La théorie du genre : entretien avec Yann Carrière, docteur en psychologie »
http://www.scriptoblog.com/index.php/component/content/article/66-le-meilleur-du-web/societe/1279-la-theorie-du-genre-entretien-avec-yann-carriere-docteur-en-psychologie

(5) Éric Fassin et Véronique Margron, Homme, femme, quelle différence ? La théorie du « genre » en débat, éditions Salvator, 2011, p. 25.
http://www.editions-salvator.com/A-21616-homme-femme-quelle-difference-la-theorie-du-genre-en-debat.aspx

(6) Ruwen Ogien, « Au-delà du mariage. De l’égalité des droits à la critique des normes », journée d’études à l’EHESS le organisée le 08/04/2013 par l’Institut de Recherche Interdisciplinaire sur les enjeux Sociaux (IRIS).
http://blogs.mediapart.fr/blog/eric-fassin/020413/au-dela-du-mariage-de-legalite-des-droits-la-critique-des-normes

(7) Maurice Godelier, « Les rapports sont en train de changer dans la famille », L’Humanité, 30/08/2013.
http://www.humanite.fr/546667

(8) « L’UMP fête la loi contre l’homophobie »
http://tetu.yagg.com/2005/02/15/lump-fete-la-loi-contre-lhomophobie/

« Le bilan de l’action de Nicolas Sarkozy »
http://www.gaylib.org/commissions/projet-presidentiel/113-le-bilan-de-laction-de-nicolas-sarkozy

« Théorie du genre : quand l’UMP lui offrait la consécration »
http://www.slate.fr/tribune/68341/theorie-genre-ump-convention-istanbul

« En 2011, l’UMP proposait des cours en maternelle sur « le genre » »
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/ump/en-2011-l-ump-proposait-des-cours-en-maternelle-sur-le-genre_1323290.html

« En France, la « théorie du genre » s’invite dans la rentrée scolaire »
http://www.rfi.fr/france/20110901-france-theorie-genre-s-invite-rentree-scolaire

« Quand l’UMP s’intéressait à la théorie du genre »
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/02/13/01016-20140213ARTFIG00154-quand-l-ump-s-interessait-a-la-theorie-du-genre.php

Colloque IDAHO 2010, Assemblée nationale : « Religions, Homophobie, Transphobie »
http://blogs.mediapart.fr/edition/comment-faire-societe/article/160510/colloque-religions-homophobie-transphobie

Annexes.                 

« La promotion de la théorie du genre a été ratifiée en 1995 par l’ONU »
http://fawkes-news.blogspot.fr/2014/02/la-promotion-de-la-theorie-du-genre-ete.html

Parlement européen, 08/02/1994 : « Résolution sur l’égalité des droits des homosexuels et des lesbiennes dans la Communauté Européenne. »
http://semgai.free.fr/contenu/droit/droit_de_la_famille/europe_resolution_8_02_94.html

Najat Vallaud-Belkacem, « Théorie du genre : ‘Il est essentiel d’enseigner aux enfants le respect des différentes formes d’identité sexuelle, afin de bâtir une société du respect’ », 20 Minutes, 31/08/2011.
http://www.20minutes.fr/politique/778750-theorie-genre-il-essentiel-enseigner-enfants-respect-differentes-formes-didentite-sexuelle-afin-batir-societe-respect

SNUipp-FSU, 16/05/2013 : « Éduquer contre l’homophobie dès l’école primaire. Des outils théoriques et pratiques pour avancer »
http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/document_telechargeable-2013-30-05.pdf

Organisation Mondiale de la Santé – Bureau régional pour l’Europe et BZgA, « Standards pour l’éducation sexuelle en Europe. Un cadre de référence pour les décideurs politiques, les autorités compétentes en matière d’éducation et de santé et les spécialistes », p. 35 : « 1.3 Pourquoi commencer l’éducation sexuelle avant l’âge de quatre ans ? » ; pp. 38-39 : « Groupe d’âge 0-4 ans. Informer l’enfant sur le plaisir et la satisfaction liés au toucher de son propre corps, la masturbation enfantine précoce, la découverte de son propre corps et de ses parties génitales (…) le droit d’explorer les identités sexuelles. »
https://www.sante-sexuelle.ch/wp-content/uploads/2013/11/Standards-OMS_fr.pdf

« Théorie du genre : le gouvernement maquille les documents officiels »
http://unionrepublicaine.fr/theorie-du-genre-le-gouvernement-maquille-les-documents-officiels/

« Circulaires, manuels, livres : les ministères censurent le mot ‘genre’ »
http://www.mediapart.fr/journal/france/060214/circulaires-manuels-livres-les-ministeres-censurent-le-mot-genre

« La théorie du genre expulsée de Norvège. Le paradoxe de l’égalité des genres. »
http://www.scriptoblog.com/index.php/63-le-meilleur-du-web/actualite/1171-la-theorie-du-genre-expulsee-de-norvege-le-paradoxe-de-l-egalite-des-genres

Lucien Cerise sur l’ingénierie sociale :
Qu’est-ce que le « mind control » ?
Méridien Zéro n°135 : l’homme programmé – cybernétique, ingénierie sociale, guerre cognitive…

Lucien Cerise sur le « mariage homo » et la théorie du genre :
Quelques parrains de l’idéologie de la confusion des Genres : UMP, Union européenne, OMS et lobby israélien – Par Lucien Cerise
Le « mariage homo » toujours illégal en France : le vote truqué à l’Assemblée

 

Lucien CERISE, conférence sur les « Neuros-Esclaves », 2015.

Source : http://www.scriptoblog.com/

One thought on “Lucien Cerise : « Neuro-pirates. Neuro-esclaves. »

  1. Il s’agit d’un article époustouflant tant il nous aide à se débarrasser de tous ces voiles ténébreux qui se dressent en obstacle vers La Lumière….Puisse Le Très Haut bénir un si brillant esprit que celui de M Lucien Cerise!

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