Paroles de sagesse de l’Imam Ibn Al Qayyim (1292-1350 )

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Le manque de succès, la corruption de la réflexion, la dissimulation de la vérité, la corruption du cœur, la perte de notoriété, la perte de temps, la répulsion éprouvée par les créatures à l’égard du serviteur, la solitude dont il souffre car éloigné de son seigneur, les invocations non exaucées, la dureté du cœur, la disparition de la bénédiction dans la subsistance et le temps écoulé, la privation de la science, l’avilissement, l’humiliation par l’ennemi, l’oppression de la poitrine, la mise à l’épreuve par la mauvaise compagnie qui pervertit le cœur et fait perdre du temps, l’angoisse et les soucis continuels, la gêne et l’assombrissement de la vie de tous les jours…[tout cela] naît de la désobéissance et de la négligence du rappel d’Allah, de la même manière que la plante naît de l’eau et l’incendie du feu, alors que l’obéissance engendre le contraire [de tout ce qui a été cité]

Celui dans le cœur duquel la vénération d’Allah grandit, si bien qu’il ne puisse Lui désobéir, verra Allah placer dans le cœur des hommes du respect pour lui afin qu’ils ne l’humilient pas

La lumière de la raison éclaire dans la nuit des passions, ainsi apparaît clairement la vérité et l’homme clairvoyant entrevoit l’issue réelle des choses

Les désirs de ce monde sont comparables à un théâtre de marionnettes.

L’ignorant ne voit que l’apparence, alors que l’homme doué de raison voit ce qui se cache derrière.

Lorsque les hommes ont abandonné le jugement par le Coran et la Sounna, ont cessé de s’y référer, ont cru qu’il n’était pas suffisant de se contenter de cela, et ont préféré les avis, les analogies, les choix et les paroles des hommes, leur saine nature en a été pervertie, leur cœur s’est assombri, leur compréhension en devint confuse et leur raison déficiente. Toutes ces choses les ont submergés et dominés.

Les jeunes grandissent dans ce contexte, les plus âgés vieillissent dans ce même contexte, au point de plus le considérer comme une mauvaise chose ! Leur situation s’empira alors au point où l’innovation prit la place de la Sounna, l’égo celle de la raison, les passions celle de la rectitude, l’égarement celle de la droiture, le mal celle du bien, l’ignorance celle de la science, l’ostentation celle de la sincérité, le faux celle du vrai, le mensonge celle de la véracité, la flatterie celle du conseil et l’injustice celle de l’équité. C’est à ces fléaux que revinrent le pouvoir et la domination, et les auteurs de tels actes sont désormais des notables respectés, alors qu’auparavant, seules les nobles caractères dominaient, et les notables respectés étaient ceux qui présentaient de tels caractères. Le jour où les fléaux domineront, que l’étendard sera brandi, et que les armées se seront ébranlées, alors -par Allah- la mort sera préférable à la vie, les sommets des montagnes meilleurs que leurs vallées, et côtoyer les bêtes sauvages sera plus sur que de fréquenter les hommes

Si ton ennemi t’adresse une parole grossière, ne lui rends pas la pareille, car tu la féconderais. Or la descendance de la dispute est une descendance déplorable.

Si le Destin choisit un homme, il sème en dans son cœur la graine du succès qu’il arrose ensuite par l’eau de l’espérance et de la crainte. Puis, il lui fait traverser les étapes de la vigilance et met à son service la science comme gardien. C’est de cette façon que la plante se dresse sur une tige.

Celui qui connait sa personne s’attachera à la rectifier plutôt que de s’intéresser aux défauts des gens. Et celui qui connaît son seigneur, sera préoccupé par Lui plutôt que par ses passions.

L’homme qui réalise la plus mauvaise affaire est celui qui se préoccupe de sa personne plutôt que d’Allah. Et plus perdant encore est celui qui se préoccupe des gens plutôt que de sa personne.

Que celui qui veut purifier son cœur préfère Allah à ses désirs.

Ce n’est pas parce qu’une personne fait mine de posséder des connaissances et une certaine sagesse qu’elle fait nécessairement partie des savants et des sages. En effet, ces derniers sont ceux qui revivifient leur cœur en tuant leurs passions. Quant à ceux qui tuent leur cœur en revivifiant leurs passions, la connaissance et la sagesse ne transparaissent jamais dans leurs propos.

Le cœur est détruit par le sentiment de sécurité et l’insouciance. Il se reconstruit par la crainte et le rappel.

Quiconque installe son cœur auprès de Son Seigneur, verra son cœur s’apaiser et se reposer. En revanche, celui qui le met au service des gens lui fera ainsi goûter l’inquiétude et les soucis.

La sincérité [envers Allah] est une chose qu’aucun ange ne connaît pour pouvoir l’écrire, qu’aucun ennemi ne peut corrompre, et pour laquelle on n’éprouve aucune fierté, ce qui en annulerait la récompense.

Tant qu’il continuera à être complaisant envers son âme et à accomoder les autres, le serviteur ne pourra sentir l’odeur de la sincérité

Lorsqu’ Allah veut du bien pour un serviteur, Il lui fait reconnaître ses péchés,le détourne des péchés d’autrui, le rend généreux envers les autres, lui permet de se passer de leur aide, et lui permet de supporter les manquements des gens à son égard. Lorsqu’Il veut du mal, Il agit de façon contraire.

Les esprits soutenus par l’aide d’Allah considèrent que la révélation faite au prophète est la vérité conforme à la raison et à la sagesse. Quant aux esprits abandonnés par la grâce divine, ils considèrent que la raison contredit les textes révélés, et que la sagesse s’oppose à la législation.

Les fondements sur lesquels repose le bonheur du serviteur sont au nombre de trois, chacun ayant un opposé. Et quiconque délaisse un de ces fondements acquerra son opposé :
– L’unicité, le polythéïsme étant son opposé
– La sounna, l’innovation étant son opposé
– L’obéissance, le p éché étant son opposé
Ces trois éléments ont un opposé commun, qui est l’absence d’espoir placé en Allah et en Sa récompense dans le cœur du serviteur, et l’absence de crainte d’Allah et de Son châtiment

Les signes d’une volonté saine se manifestent lorsque la préoccupation principale du serviteur est de satisfaire son Seigneur, se préparer pour Sa rencontre, s’attrister quand un instant passe sans en avoir fait usage pour Le satisfaire, et être pris de remords pour ne pas l’avoir utilisé afin de se rapprocher d’Allah et être en Sa compagnie. En d’autres termes : lorsque du matin au soir, le serviteur n’a d’autre préoccupation que la satisfaction de son Seigneur

Source: Les méditations d’Ibn Al Qayyim éditions Tawbah.

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